SITES ARCHÉOLOGIQUES
 
 


Ggantija
Sur l'île de Gozo, près de Xaghra, le bien nommé "lieu des géants" (Ggantija) est le plus impressionnant de tous les temples mégalithiques de Malte et le plus ancien.
Ses pierres se dressent à 6 mètres de haut et, fait exceptionnel, il domine les terres sur un promontoire.
Il comprend, s'ouvrant par une façade commune, deux temples du Néolithique datant du quatrième millènaire av. J.-C.(3600-3000 av. J.-C. ). Ils sont inscrits au patrimoine de l'Unesco,afin d'être préservés. Des échafaudages soutiennent l'édifice menacé par l'érosion.
Le mieux conservé des deux temples est celui de gauche. Il comportait 5 salles (absides). En entrant, sur la gauche, on note la présence des boulets en pierre qui servirent au transport des dalles, dont certaines dépassent 50 t. On y trouve des restes d'autels en pierre, utilisés certainement lors de sacrifices d'animaux.
Les Temples de Tarxien
Sur un demi hectare, les trois temples de Tarxien constituent le plus vaste ensemble préhistorique de Malte. Ils datent du IVème millénaire avant j.c. et c'est le dernier construit à Malte. Son architecture et son décor marquent l'aboutissement du savoir faire des bâtisseurs. Malheureusement les ruines très imposantes souffrent d'un environnement urbanisé. Certaines pièces originales ont été déposées au musée de La Valette avec les poteries découvertes sur le site et remplacées par des copies.
 
Les temples de Tarxien sont remarquables pour leurs sculptures et gravures. Figurines en pierre, tablettes, animaux domestiques gravés en relief sur les murs, autels décorés avec des gravures en spirales ou d'autres motifs parent l'ensemble de ces temples.
Le site de Tarxien semble avoir servi à de nombreuses reprises pour des rites incluant probablement des sacrifices d'animaux, comme tendent à le prouver des ossements découverts. Des indices permettent de comprendre comment ces temples ont été érigés : les cylindres ou les boules de pierre laissés aux environs du temple Sud étaient probablement utilisés pour transporter les mégalithes.
Des restes funéraires indiquent que le site était également utilisé durant l'Age de Bronze.
Carte cliquable : promener la souris sur les chiffres!
L'hypogée de Hal Saflieni
À 400m des temples de Tarxien, l'hypogée de Hal Safliéni a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1980.
Pour s’assurer de sa conservation, le microclimat du site est strictement réglé : la température, l’humidité et les niveaux de dioxyde de carbone sont continuellement mesurés pour s’assurer de la survie de l’hypogée pour les générations futures (10 personnes par heure).
L'hypogée fut peut-être d'abord un sanctuaire. Il devint une nécropole à l'âge du bronze. On a trouvé les dépouilles d'environ 7000 personnes, inhumées avec leurs bijoux, leurs amulettes et leurs poteries. dans une substance à base de latérite, lors des fouilles entreprises par Sir Themistocles Zammit, au début du XXe siècle. Il ne subsiste aujourd'hui que six crânes, entreposés dans deux boîtes au Musée National d'Archéologie de Malte.
L’hypogée est formé de halls, chambres et passages taillés dans le roc de calcaire corallien et couvre une surface de 500m². Les chambres creusées dans le roc sont de différentes formes et tailles, peaufinées selon l’art de divers artisans. Le complexe est distribué sur trois niveaux – le niveau supérieur (3600-3300 av. J.-C.), le niveau intermédiaire (3300-3000 av. J.-C.), et le niveau inférieur (3150 -2500 av. J.-C.). La chambre la plus basse au niveau inférieur se trouve à 10.6 mètres sous le niveau de la route.
  • Le niveau supérieur consiste en une large cavité avec un passage central et des chambres funéraires de chaque côté. Une des chambres contient toujours des restes humains.
  • Le niveau intermédiaire consiste en diverses chambres finement terminées, ce qui donne l’impression d’une construction élaborée. C'est dans une de ces chambres qu'on a découvert la célèbre poterie de the Sleeping Lady alors que c'est dans un puits que fut trouvée la statue cassée de la femme obèse.
    L’art des artisans doit s’apprécier avec les outils de l’époque. Les chambres étaient méticuleusement sculptées avec de simples outils en silex et en os. Des peintures en ocre rouge en forme de courbe et de spirale sont toujours visibles à certains endroits.
    Dans les parois de la chambre de l'Oracle trois cellules latérales ont été creusées. La plus petite amplifie les voix graves jusqu'à envahir de façon surnaturelle tout l'hypogée. Le plafond est peint de spirales en ocre rouge.
  • En descendant vers le niveau inférieur, une façade élaborée,dont le porche a été taillé à l'image des temples, donne sur la salle dite le Saint des Saints.
 
(Plan de l'hypogée)
 
Le Temple de Hagar Qim
Le temple de Hagar Qim, découvert en 1839, date de l’époque Ggantija (3600 - 3200 av. J.-C.). Il se dresse en haut d’une colline qui surplombe la mer ainsi que l’ilot Fifla.
La fouille de Hagar Qim a révélé du matériel très important tel un pied d’autel décoré, deux tables d’offrandes et quelques statues de « grosses femmes » exposées au Musée National d’Archéologie à La Valette
Le site de Hagar Qim ne comporte qu’un seul temple. Par contre, on ne sait pas si le site n’a pas été composé de quatre ou de cinq absides à l’origine. D’autres vestiges de temples se trouvent seulement à quelques mètres du temple principal.
La première cour et la façade suivent le plan classique des temples sur les îles. On y pénètre par un porche monumental fait d'un lintheau posé sur deux blocs, encadrés par de larges orthostates (grandes dalles quadrangulaires).
Carte cliquable : promener la souris sur les chiffres !
Derrière la première paire d’absides, l’intérieur du temple est plus masqué qu’habituellement. L’accès visuel semble avoir été limité à une fenêtre dans des plaques en pierre. Les seules décorations visibles à ce moment sont présentes sur la pierre utilisée comme seuil d’entrée où on voit deux spirales opposées comme celles qui figurent sur les temples de Tarxien, et un autel décoré sur les quatre côtés
En passant par la porte suivante, on remarque que l’abside droite comporte une curieuse série d’orthostates basses qui forment un enclos intérieur. L’abside de gauche porte trois grandes tables d’autels et donne accès à une salle additionnelle qui peut être rejointe par trois marches. Trois autres salles se situent au Nord et à l’Ouest des bâtiments mais on y accédait auparavant par l’extérieur du temple.
Dans le mur extérieur qui encercle le complexe, le premier mégalithe qui se trouve dans le coin droit de la façade est le plus gros de tous les temples. Il mesure 6.4m de long et pèse à peu près 20 tonnes. La pierre dressée mesure 5.2 mètres de haut.
.

 
Les Temples de Mnajdra
A peine à 500 m de Hagar Qim, plus loin sur la falaise, se trouve un autre site remarquable; le site de Mnajdra. Il est blotti dans une combe sur le rebord de la falaise Sud. L’environnement immédiat, typique de la garrigue méditerranéenne est spectaculaire par sa force et son isolation.
Les trois temples de Mnajdra furent élevés entre la fin de l'époque de Ggantija (3600-3250 av. J.-C. et le le début de celle de Tarxien, après 3200 av. J.-C.
Carte cliquable : promener la souris sur les chiffres !
Le temple (A ) sur le plan est le plus petit et surtout le plus ancien, avec son décor poinçonné.
Le temple médian (B) est le plus récent. On y pénètre non par le trilithe habituel, mais par un passage taillé dans une dalle haute de 3 mètres.
On peut voir que les monolithes de sa construction ont été taillés et ajustés avec grand soin. Au piedroit de gauche du passage entre les deux cours intérieures figure une gravure 1 intégrée dans l'architecture, d'un intérêt exceptionnel : on y reconnait le trilithe qui marque l'entrée des temples, surmonté d'un couvrement.
À l'intérieur, sur le même côté, une dalle percée encastrée 2 dans le trilithe livre passage à une petite salle aménagée dans la maçonnerie et dotée d'un autel.
Le troisième temple (C) en contrebas est le mieux conservé et le plus impressionnant par la haute technicité de son architecture. Sa façade concave obeit à l'ordre classique : bancs et orthostates encadrant un trilithe. L'intérieur comprend un passage particulièrement élaboré 3, entièrement orné au poinçon. Il conduit à une petite chapelle où subsistent des piedestaux d'autel 4, sans doute la partie la plus sacrée du temple. Une autre porte 5, doublée d'une volée de marches, dessert un espace ménagé dans la maçonnerie et renferme un piédestal d'autel 6. Un passage d'oracle 7 la fait communiquer avec le temple proprement dit. Un autre 8 donne dans une pièce accessible par l'extérieur du temple.
IMG_0058.jpg
IMG_0059.jpg
IMG_0060.jpg
IMG_0061.jpg
IMG_0063.jpg
IMG_0065.jpg

 

 
La grotte de Ghar Dalam
À 2km de Marsaxlokk, Ghar Dalam , "la caverne des ténèbres", est une grotte naturelle profonde de 144 mètres où furent mises au jour les traces de la première occupation humaine de l'île, autour de
5000 av. J.-C., mais également des représentants de sa faune au Pléistocène, il y a 250 000 ans.
 
Leurs ossementssont sont exposés dans le petit musée qui garde l'entrée du site. Éléphants, hippopotames dominaient la faune à cette époque, leurs dents et leurs ossements dans les vitrines du musée ne sont guère éloquents, mais leurs squelettes reconstitués donnent l'incroyable mesure de ces pachydermes maltais : ils sont de la taille d'un veau ! Comme miniaturisés à l'échelle de Malte !
Ces espèces exotiques confirmeraient l'existence d'un isthme maltais reliant l'Afrique du Nord à l'Europe.
Dans la grotte, des panneaux mettent en évidence la stratigraphie des différentes couches d'occupation.
 
du site !
Clapham Junction
À 2 km de Dingli, rien ne signale ce site fait de tables de calcaire corallien. À tel point qu'on ne remarque pas tout de suite la particularité de l'épiderme rocheux : à intervalles réguliers, la pierre est entaillée d'ornières profondes d'environ 40 cm, certaines sont bien émoussées par l'érosion, mais d'autres sont bien visibles. Plus troublant encore : elles marchent par paires, avec un espacement constant d'environ 1,40 m.
On retrouve ces "sillons de charrue" (Cart Ruts) en plusieurs points de Malte, mais aussi en Sicile, en Sardaigne, en Provence. Ici, leur densité est telle qu'elle leur a valu le nom de Clapham Junction, la gare de triage de Londres .
Non loin de ce site, la faille de Ghar il-Kbir (la grande caverne) est percée de grottes. Certaines ont servi d'habitations troglodytiques jusqu'en 1835. De nos jours, elles abritent des troupeaux.